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Le nouveau capitalisme

Bonjour à toutes et à tous!

 

 

 

PENSER CRITIQUE
Kit de survie* éthique et politique
Pour situations de crise[s]

Faut-il dire adieu à la croissance  ? Durant deux jours seront déclinés rencontres, animations, débats et projections consacrés aux grandes questions économiques et sociales du moment 

 

Sans croissance, point de salut ! répètent à l'envi les gouvernements européens. Mais à long terme, faut-il réellement faire de l'augmentation du PIB l'alpha et l'oméga du progrès humain ? Aujourd'hui, le PIB comme instrument de mesure de la richesse est de plus en plus contesté, nous obligeant à imaginer de nouveaux indicateurs et à nous interroger plus profondément sur le contenu même de la richesse Pourquoi parler de crise ?

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

 

  1. L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas.
  2. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

Le but du capitalisme  est de produire plus ou mieux / de nous faire consommer plus, de baisser les salaires afin de maximiser les marges ou de les préserver. 

 « Spectacle à tous les étages ! | Page d'accueil | Les croûtes de Bush »  vendredi, 28 février 2014Farce tranquille du capitalisme patient - zebre plus ultra

 

 

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Les "capitalistes patients" embaucheront quand la conjoncture sera meilleure. D'ici là nous sommes priés de les croire sur parole et le gouvernement est sommé de leur accorder  les royales baisses des charges qu'ils exigent. Elles se feront par un effort supplémentaire de 50 milliards d'euros d'économie. Sur le dos de qui se feront ces économies et qui paiera la note ? C'est si peu un mystère que le gouvernement est incapable d'oser le dire.

 

Quant au  Pacte de responsabilité : présenté comme un "donnant-donnant de Hollande aux entreprises", c'est un miroir aux alouettes où les pigeons donnent tête baissée.

 

Ce en quoi il rejoint le gouvernement PS qui se garde de chiffrer les créations d’emplois attendues.

Comme le démontre Frédéric Lordon : "Les entreprises ne créent pas l’emploi : elles « opèrent » l’emploi déterminé par la conjoncture. Si l’on veut de l’emploi, c’est à la conjoncture qu’il faut s’intéresser, pas aux entreprises."

« la conjoncture est un processus qui, dans une certaine mesure se laisse piloter. C’est précisément l’objet de cette action qu’on appelle la politique macroéconomique. Mais, de cela, le gouvernement " socialiste " a manifestement abdiqué toute velléité : ligoté par les contraintes européennes qui ont si bien neutralisé toute possibilité de politique économique active, et ayant renoncé par avance à tout effort de retrouver quelque marge de manœuvre en cette matière, il ne lui est plus resté qu’à dévaler avec tout le monde la pente de l’idéologie libérale-entrepreneuriale pour former le puissant raisonnement que si ce sont les entreprises qui créent les emplois, alors il faut être très gentil avec les entreprises. »

Les entreprises ne créent pas l’emploi  par Frédéric Lordon - La pompe à phynance - 26 02 2014

Sauve qui peut !, Ce soir Enfants forçats, Le chomage a une histoire, Andre Gorz, Laboratoire et cobayes, Le poison grec, Hollande, vrai changement?, Les "marchands de doute" ?L'Europe au bord du suicide !, ‘Les Vivants et les Morts’

 

 

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Les dirigeants de tous bords se foutent de nous quand ils réclament un encadrement rigoureux de la spéculation, car c’est tout le système qui, dans sa phase actuelle, a besoin de la spéculation et du crédit. Les causes les plus profondes de la crise actuelle ne sont à rechercher ni du côté de la spéculation, ni du côté de l’endettement. Les achoppements financiers récents : crise des subprimes, crise de la dette, krachs boursiers à répétition, rôle des agences de notation, menace de faillite des États…tout cela est avant tout l’expression d’une crise du capitalisme lui-même.

 

En effet, le capitalisme est confronté à une contradiction récurrente: d’un côté, il lui faut diminuer (ou en tout cas limiter) les salaires pour baisser les coûts de production et maintenir les profits. D’un autre, il faut que les consommateurs aient suffisamment de revenu pour acheter les marchandises produites.

 

Si le quart des gens étaient au courant de l'information qu'il y a dans ce tableau, il y aurait une révolution avant demain matin! 
Ces chiffres sont ceux des américains et je sais que quelqu'un finira par dire que c'est différent ici. Oui nous sommes pire comme l'indiquait Léo-Paul Lauzon dans son blogue ce matin: 
«Même l’organisme patronal du Conference Board a reconnu récemment que les inégalités de revenu progressaient plus vite au Canada qu’aux Etats-Unis (14 septembre 2011). Plus vite qu’aux States, le pays le plus inégalitaire des membres de l’OCDE. Pas plus vite qu’en Suède, qu’au Brésil ou qu’en France, mais plus vite chez l’oncle Sam. Pourquoi vous pensez?»
source de la photo: http://www.nytimes.com/2011/09/04/opinion/sunday/jobs-will-follow-a-strengthening-of-the-middle-class.html?pagewanted=all&_r=0 

 

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans les pays d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et au Japon, l’expansion rapide de l’économie permettait de contenir et repousser les effets négatifs de cette contradiction. On augmentait les salaires, mais on augmentait plus encore la production. On rendait marchands de nombreux secteurs qui ne l’étaient pas auparavant, comme aujourd’hui on est en train de le faire avec l’éducation, la santé ou la sécurité. On fournissait à coûts plus bas (par l’effet de l’industrialisation et de la massification) une foule de produits plus nombreux, et qui faisaient vivre les prolétaires tout en maintenant les bénéfices. Pour développer la production de cette manière, il fallait que la consommation envahisse la société entière, avec tout ce que cela signifie: publicité, manipulation du désir, production d’une foule de saloperies destinées à satisfaire des besoins socialement créés.

 

Par ailleurs, ce qui s’appelait alors le tiers-monde était maintenu sous une domination coloniale ou post-coloniale qui permettait d’en exploiter les matières premières.

 

.Les différentes structures du système capitaliste

 

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Le nouveau capitalisme

 

« Le capitalisme est en train de se transformer et connaît une nouvelle étape dans son évolution historique : c’est le passage du « capitalisme fordiste », qui a prévalu dans l’après-guerre, au nouveau « capitalisme actionnarial » (…)

 

La crise du capitalisme « fordiste » de l’après-guerre

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle organisation de l’économie se met en place aux Etats-Unis et en Europe. Ce nouveau « régime de croissance », qualifié de « fordiste » par l’école de la Régulation, repose sur 4 piliers principaux :

  • Le rapport salarial « fordiste », organisant le partage des gains de productivité issus des principes tayloriens de l’organisation scientifique du travail sur la base d’un compromis capital/travail. Ce compromis est le fruit de négociations entre patronat et syndicats au niveau des branches et des entreprises. Il a permis une hausse rapide des salaires ;
  • Des politiques économiques actives, budgétaires et monétaires, dont l’objectif est d’assurer une progression régulière de la demande adressée aux entreprises ;
  • L’Etat-providence, c’est-à-dire un système de protection sociale fondé sur la solidarité entre les classes sociales et entre les générations ;
  • Des systèmes financiers administrés, destinés à assurer le financement de l’accumulation du capital productif par endettement bancaire à des taux d’intérêt faibles et contrôlés par les autorités monétaires.

Cet environnement institutionnel a contribué à créer un contexte économique et social d’une grande stabilité, particulièrement favorable à l’accumulation du capital industriel et à la croissance de la production : c’est la période des Trente glorieuses. La croissance est alors soutenue par la progression de la demande (…) et surtout par la progression du pouvoir d’achat des salaires découlant de leur indexation sur les gains de productivité et sur les prix. Enfin, la fixation administrative des taux d’intérêt garantit aux entreprises un coût du capital stable et bas, ce qui stimule l’investissement.

Ce régime de croissance rapide s’est essoufflé à partir des années 1970 avec le ralentissement de la croissance et la montée de l’inflation. La décélération des gains de productivité a été un facteur décisif et est allée de pair avec une baisse des profits des entreprises. Cette évolution résulte de la perte d’efficacité des méthodes tayloriennes d’organisation du travail ainsi que de la montée des conflits sociaux à propos de la distribution des revenus, conflits qui créent des tensions inflationnistes. Les événements de 1968 et l’échec des accords de Grenelle en France en sont l’illustration.

La crise du capitalisme fordiste résulte aussi de la déstabilisation du Système monétaire international (SMI). Les rythmes d’inflation différant selon les pays, le régime de changes fixes – qui assurait la stabilité des monnaies entre elles dans le cadre du SMI de Bretton Woods – est remplacé par un système de changes flexibles en 1973. Cette crise du SMI vient fragiliser (…) les économies [qui] deviennent de plus en plus interdépendantes. C’est le début du processus de mondialisation. (…)

 

 

Les débuts du « capitalisme actionnarial »

A partir de la fin des années 1970, en réaction à la crise du régime fordiste, les politiques économiques changent de cap dans les principaux pays industrialisés. Ces politiquent prennent place dans trois domaines principaux : une nouvelle régulation macroéconomiques, la libéralisation du système financier et, en France, la privatisation de la quasi-totalité des grandes entreprises industrielles et financières.

 

Les principaux piliers du régime fordiste sont remis en cause. Les politiques de rigueur salariale déconnectent l’évolution des salaires de celle des gains de productivité, les politiques de libéralisation et de privatisation font reculer la régulation publique et les réformes financières  bouleversent la logique du système financier : l’économie d’endettement administrée fait place à une économie de marchés financiers libéralisée. A la suite de ces choix politiques et idéologiques, un nouveau régime de croissance se met progressivement en place : le « capitalisme actionnarial », dans lequel la finance de marché joue un rôle central. La création de richesse financière par les entreprises en constitue le cœur. (…) Ses principales caractéristiques sont : (…) le rôle primordial des marchés d’actions et des investisseurs (…), la prépondérance de la logique actionnariale induisant de nouvelles formes de gouvernement d’entreprise ; (…) la perte d’autonomie des politiques économiques face aux marchés financiers (…) »

 

Extraits de D. Plihon (2003), Le nouveau capitalisme, Paris, La Découverte, coll. Repères, pp. 48-

 

 

 

Politique budgétaire :relance de l’économie par la hausse des dépenses publiques. L’état peut par exemple décider de financer des mesures de réduction d’impôt afin de relancer la consommation.

 

Politique monétaire :relance de l’économie par la hausse de la quantité de monnaie en circulation dans l’économie. Auparavant, les états pouvaient contrôler la quantité de monnaie en circulation dans leur économie en jouant sur les taux d’intérêt. De nos jours, une baisse des taux directeur de la banque centale peut entraîner une baisse des taux d'intérêt d’emprunt et donc une hausse de la demande de la part des ménages, puisqu'il diminue ainsi le coût des emprunts et donc augmente les achats à crédit des ménages, tout en assurant aux entreprises des possibilités d'investissement à bas coûts leur permettant ainsi de répondre à cette accélération de la demande tout en évitant l'inflation.

 

Politiques permettant d’assurer une progression régulière de la demande adressée aux entreprises :  voir ci-dessus.

 

Système financier administré : Le capitalisme fordiste des 30 glorieuses repose sur un système financier administré fondé sur le financement bancaire.

 

Le capitalisme du XIXe siècle est atomisé et concurrentiel. Puis après la Seconde guerre mondial, apparaît le capitalisme dit « fordiste »par l’école de la régulation. Une nouvelle organisation de l’économie se met en place aux USA et Europe. Il repose sur 4 piliers institutionnels :

  • le rapport salarial « fordiste » : organise le partage de gains de productivité issus du système taylorien.
  • Politiques économiques actives, budgétaires et monétaires.
  • L’État-Providence : système de protection social.
  • Des systèmes financiers administrés (assurer le fin de l’accumulation du K productif par endettement bancaire à des taux d’intérêt faibles contrôlés par les autorités monétaires.

Tout cela a changé depuis la crise des années 1970 et la restructuration du capitalisme qu’elle a provoquée. Les délocalisations d’industries et de services ont alors permis de baisser le coût du travail au niveau mondial. La consommation a été soutenue par le développement du crédit, qu’il s’agisse de dépense publique (et de dette publique) ou privée. Mais ce système est lui-même à bout de souffle, comme le montre la crise qui a commencé en 2007. Le krach de 2008 n’a pu être rattrapé qu’au moyen d’une expansion massive de l’endettement étatique. Le montant de cette dette, désormais impossible à rembourser, est l’expression concrète de cette impasse. La crise de la dette publique en Europe et les perspectives de défaut de la Grèce, désormais bien réelles, en sont la preuve. Ce n’est pas la finance qui est la cause de la crise, la finance est au contraire ce qui a permis à la crise provoquée par la contradiction récurrente du capitalisme d’éclater aussi tard

 

1)      Suite au régime fordiste, quel nouveau régime s’est progressivement mis en place ?

L’essoufflement de la croissance dans les années 1970 avec ralentissement de la croissance et la montée de l’inflation provoque une baisse des gains de productivité et des profits des entreprises. La perte d’efficacité des méthodes tayloriennes d’organisation du travail entraîne la montée des conflits sociaux à propos de la distribution des revenus. Le capitalisme va devenir un capitalisme actionnarial.

 

On assiste à un vaste processus de transformations économiques, sociales, politiques à l’échelle mondiale. C’est l’émergence d’un nouveau capitalisme mondialisé sous l’effet de deux grandes forces : les nouvelles technologies et la globalisation financière. Ainsi s’opère une transition vers une nouvelle forme de capitalisme dominé par la finance et le savoir. Le nouvel état de l’économie porte plusieurs noms : le new age : âge d’or illustré par le modèle américain = croissance économique forte et durable (grâce aux nouvelles technologies et l’économie de marché) ou encore la nouvelle économie qui est l’ensemble des entreprises appartenant au secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication et dont le développement économique est fondé sur internet dans un nombre toujours plus grand d’activités).

 

2)      Qu’est-ce que la libéralisation des marchés financiers ? A quoi servent les marchés financiers ?

 

Les vingt dernières années ont été témoin de la libéralisation du secteur financier dans la plupartdes pays de l’OCDE. L’objectif premier était d’accroître l’efficacité du système financier, mais les implications macro-économiques ont sans doute été au-delà de cet objectif, affectant les fluctuationsdu cycle et les mécanismes de transmission des politiques monétaires et fiscales. Plus précisément, la déréglementation financière, avec une compétition accrue dans le secteur des services financier, devrait avoir relaxé les contraintes de liquidité des ménages, grâce à l’extension des crédits, et permettre ainsi un niveau de consommation plus élevé. 

 

Le développement de la Noire Finance - Arte est l'une de ses conséquences des politiques menées depuis plus de trentes ans par les Etats Nations dans leurs volontés de déréglementer les places financières en étant cherchant à être les premiers, celui qui aura la place financière la plus importante 

 

Peut-on encore arrêter la finance folle ? Une enquête magistrale au coeur d'un capitalisme financier que plus personne ne maîtrise, et qui a plongé le monde dans de graves turbulences. 

 

On ressort un peu suffoqué de cette plongée au coeur du capitalisme financier mais aussi avec la nette impression d'avoir mieux saisi les mécanismes de cette « noire finance » et la nécessité politique de mettre fin à ces dérives. Tout l'intérêt de cette enquête tient à sa grande pédagogie — même si elle induit quelques longueurs — et à la qualité de ces intervenants. Seul bémol, on regrette le choix des interlocuteurs, uniquement français ou allemands (pas de risque d'oublier qu'on est sur Arte), et celui du propos strictement circonscrit aux Etats-Unis, à la France et à l'Allemagne, comme si le reste du monde n'était ni concerné ni partie prenante de cette crise.

 

Critique d'Olivier Milot pour Télérama.fr

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17/04/2014
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